IA : comment démasquer le vrai du faux

Depuis le 2 août 2026, l'Union européenne impose une nouvelle règle : les images, vidéos, sons et textes créés ou modifiés par l'intelligence artificielle doivent porter une marque visible. Objectif, selon la Commission européenne : permettre à chacun de savoir ce qui est réel et ce qui a été fabriqué par une machine. Cette règle ne s'applique qu'en Europe. Mais les technologies qui l'accompagnent, elles, se diffusent partout y compris en Afrique. Voici ce qu'il faut savoir, et surtout, comment reconnaître un contenu IA par vous-même.

Équipe ACAN
12 août 2026
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Ce que dit la nouvelle loi européenne

La règle, tirée de l'article 50 de l'AI Act européen, impose deux choses :

  • Un chatbot ou un assistant virtuel doit dire clairement qu'il est une IA, pas un humain.
  • Un « deepfake » image, vidéo ou son truqué qui imite une personne ou un événement réel doit être signalé par une icône visible.

La Commission européenne a créé trois icônes officielles : « généré par IA », « entièrement généré par IA », et « partiellement modifié par IA ». Exemple donné par le média L'Avenir : une photo d'appartement vide « meublée » virtuellement par IA porte l'étiquette « partiellement modifié » ; une pièce entièrement inventée par un générateur porte l'étiquette « entièrement généré ».

Les entreprises qui ne respectent pas la règle risquent de lourdes amendes jusqu'à 15 millions d'euros ou 3 % de leur chiffre d'affaires mondial, rapporte L'Avenir. Une seconde échéance arrive le 2 décembre 2026 : un marquage technique invisible, lisible uniquement par un logiciel, deviendra obligatoire pour les IA déjà commercialisées avant août 2026, précise le site OIA.

Deux technologies à connaître

Deux systèmes permettent déjà de repérer un contenu IA, où que l'on soit dans le monde.

SynthID, créé par Google DeepMind, est un filigrane invisible caché dans les pixels d'une image ou dans le son d'une vidéo. Il résiste au recadrage, aux filtres et même à une capture d'écran. Selon FindSkill.ai, OpenAI, ElevenLabs, Kakao et NVIDIA l'utilisent désormais aussi un seul outil peut donc détecter des contenus venus de plusieurs IA différentes.

C2PA fonctionne comme une carte d'identité numérique attachée au fichier. Elle indique d'où vient une image (appareil photo ou IA) et ce qui lui est arrivé depuis sa création, explique The Conversation.

Cinq signes qui trahissent une image générée par IA

Même sans outil, l'œil humain repère encore beaucoup d'erreurs :

  • Les mains et les doigts : nombre de doigts incorrect, articulations qui plient mal.
  • Le texte dans l'image : panneaux, étiquettes ou livres affichent souvent une écriture illisible ou incohérente.
  • Les ombres et les reflets : ils suivent rarement une logique physique correcte.
  • Une peau trop lisse ou des transitions floues, par exemple entre le visage et les cheveux.
  • Une vidéo très courte : beaucoup d'IA ne savent encore générer que quelques secondes de vidéo cohérente, et l'arrière-plan peut changer brusquement d'un plan à l'autre.

Que faire en cas de doute ?

Plusieurs outils gratuits permettent de vérifier un contenu :

  • L'application Gemini de Google peut analyser une image ou une vidéo et chercher un filigrane SynthID.
  • Certains navigateurs proposent un clic droit pour scanner une image directement.
  • Des détecteurs indépendants existent (AI or Not, Hive, TrueMedia), avec une fiabilité estimée entre 85 et 95 % selon VersusIA.

Attention toutefois : aucun outil n'est parfait. L'absence de filigrane détecté ne prouve pas qu'un contenu est authentique il se peut simplement que l'outil utilisé pour le créer n'applique pas encore ce type de marquage, prévient Malwarebytes.

Pourquoi cela concerne aussi le Togo

Les deepfakes et images truquées circulent tout autant sur les réseaux sociaux en Afrique de l'Ouest qu'en Europe. Ils peuvent servir à la désinformation ou à l'usurpation d'identité, sans qu'aucune loi locale n'impose encore d'étiquetage. Apprendre à reconnaître un contenu IA n'est donc pas qu'une question de curiosité : c'est un réflexe de protection à développer, surtout pour la jeunesse togolaise, de plus en plus exposée à ces contenus au quotidien.

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